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Le blues du p'tit prof
ouf!! une pile empilée de copie
bien clean au bord du lit
c'est dimanche soir
week-end fini
à corriger des devoirs
au moins je pass'rai pas une nuit
blanche à barbouiller en noir
des écrits maladroits
des ratures ou des n'importe quoi
en pensant à pas d' chance
qu'on croise trop souvent au mexique
et qui nous fait la n...
en revant de vacances
comme on les voit en france
dans les pages exotique des agences de mirages
aye! exams hivernaux, que feo!
pero terminado
c'est demain que commence
el sueno mexicano.....
et soudain le blues du prof, de l'étrangère,
du corazon solito
mais dans quel état j'erre?
j'veux voir la plage, la mer
tout c'que m'a promis le routard
tout ce qui fait planer les potes
de l'autre coté de messenger
au chaud derrière leur porte
j'aim'rai etre avec eux ce soir....
allez p'tite prof
débranche la voix off
te couche pas trop tard
demain on rend les copies
a des élèves tous gentils
on réexplique les verbes pronominaux
a voix haute
et tout bas on leur dit
k'la vie s'apprend pas en cours
qu'on en fera jamais le tour
qu'elle brille quand elle nous échappe
qu'ils sont trop jeunes pour qu'on leur sape
et on rit, on rit mexicano
on se dira adio
feliz navidad!
tu prendra ton sac à dos
à la recherche du soleil
de la selva, du bleu pareil
que t'as laissé dans un endroit
là-bas
aucun commentaire
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Puerto Escondido
Le port caché
28heures de bus pour y arriver
mais je l'ai trouvé
attirée par les ondes
du havre dissimulé
aye... que padre!
Ce soir sur un vieil écran télé
se ojue le film de Salvadore:
Puerto Escondido
attablée à la hosteria
je déguste les pastas de mi vida
« al pesto »
« al albacar »
« au basilic » en gringo
et se joue conjointement en italiano
sous-titré anglais
le road-movie spaghetti
un oeil sur l'écran grésillant
l'autre sur un coucher de soleil en vrai
j'ai le strabisme jubila toire
de suivre deux histoires
le soleil s'égoutte dans le Pacifique
le héros italien panique
s'enfuit à Mexico
como yo...
pour gommer d'un trait
au bord d'une plage vierge
un cauchemar qu'il trainait
un destin qui se braque
en cul de sac
les mêmes palmiers
sur l'écran et sous mon nez
ces italianos dans l'auto dérision
sont trop bons
et le héros ne cesse de rebondir
de casse-gueule en bien pire
gardant la tête hors de l'eau
c'est à mourir de rire
oh, oh...
toute ressemblance avec une personne
sonnerait... road-vomir?
On en rira quand ce sera fini
c'est bien s'qu'on se dit
chaqie fois avec Chloé?
Surtout
quand ça n'en finit pas de recommencer
là il est à Puerto Escondido
ouais, le bus, les gens pareils
qui sommeillent
“el maréo”
là c'est Real de Quatorcé
bein au moins je saurai
dans quel beens je vais m'fourrer
Oaxaca...
c'est comme ça?
Moi c'est la dernière étape
avant l'boulot qui me rattrape
non, ça l'fait pas
un deal de marijuana
avec un padre même pas
défroqué
le soleil se caé
le soleil s'est cassé
mais le soir n'est pas noir
il est de connivence
et refuse de tirer sa révérence
“parfois amis deviennent ennemis
et pires ennemispeuvent devenir amis”
ça c'est dans la pelicula
le film, the movie
parce que dans ma....
trop compliqué pour moi
fragance d'olive et de basilic
j'abandonne
savoir où est le hic
ça ne sonne
pas Puerto Escondido
ce soir le rythme est latino
et moi j'ai le coeur au chaud
aucun commentaire
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Feliz Navidad!
_ Parfum feu de bois
_ Jusque là ça va
_ Grondement de la mer
_ Ça peut l’faire
_« pescado a la plancha »
_ Pourquoi pas,
_ Toit de palme
Bois de bambou, palapa
_Attends, t’es où là?
_ au bout du bout de là-bas
Tu sais, où j’voulais aller
Quand rien n’allait
…« plus loin que mes rêves
Là où la raison s’achève » (cit)…
Etc…. tu vois?
Zipolite, état de Oaxaca
Là où je n’savais même pas
Que ça existait
Là où même moi
Je ne croyais pas que j’irais
Zipolite Playa
Se déroule, cool
Au bord del Pacifico
Qui s’la joue effectivement
Total pacifique
Avé toute la clique
Des clichés…
… bateaux
soleil et palmiers
Sable et palmiers
Euh…. Vagues et palmiers
Noix de cocos….
Et c’est trop beau!
Si beau qu’y a rien à raconter
C’t’après-m j’ai bu du lait a même la coco
Pour venir j’ai pris un bus de Mexicanos
Prêts à rester debouts plutôt
Que d’s’asseoir près de l’étrangère
Faut l’faire
Par contre les coqs de combat
Sont toujours là
Au milieu des paquets, des balots
Ça c’est quand y’a encore des bus
Ici y’en a plus
Cahotent des « colectivos »
Camionnettes que tu hèles en bord de route
Sans le doute
Qu’ils pourraient
Ne pas daigner s’arrêter
(comme le téléphone
Qui te sonne
Au gré de ses lubis)
Mais revenons à nos étoiles
Ce soir elles jubilent
Feliz Navidad!
Noël pas banal
Les vagues déboulent
Et saoûlent
Elles enroulent sons
Souvenirs et vibrations
Elles claquent
A 50 mètres de mon hamac
Ce soir je dors dehors
Et le Pacifico sent si bon
Huele tan bueno
El Pacifico
son parfum d’embrun chaud
Demain si j’me réveille tôt
J pourrai voir passer les baleines
Migrant vers le Chili
Avec leurs petits
Feliz Navidad
A tous les « Jeans » que j’ai effacés
Aux noms plus en odeur de sainteté
A Jean-Mi, Duster ou Chloé
A ceux que j’ai portés
Dans mon cœur jusqu’ici
Que tous les jours je crie
En silence
Feliz Navidad!
Jésus-Christ est né
Pouvoir Le prier
Au soleil de Zipolite
Un Noël pour de vrai
Navidad
(suite et fin)Aye, que Navidad!
On dirait Kingston Jamaïca
J’y crois pas!
Une page déserte le matin
Devient le soir plage de babs à chiens
D’un côté les Indiens
Beaux
Cheveux et chemises flottant au vent chaud
De l’autre les touristes spécial « nudismo »
Plus ou moins éphèbes tout plein d’huile
Le zibouiboui aux abois
Tournant comme girouette à chaque pas
Que de quéquettes en ce jour de Navidad!
Tu les regardes pas surtout quand tu les vois
Mais c’est la honte pour les extranjeros
Cette débandade que les Mexicanos
Ne partagent pas
Ou très discretos
Au milieu les enfants jouent
Les vieilles indigènes ridées
Les qui se baignent habillés
Puis le folklore partagé
Cette fois-ci
Des chevelus de tous poils
… aux dreads locks: la totale
Tous de soleil éclaboussés
Saoulés de mer
Nivelés par la lumière
Les marchands ambulants aussi
Parfois des enfants si petits
Des restaurants, palapas plutôt
Reggae salsa pas trop techno
Ça sent la marijuana par bouffées
Voir d’autres dérives dans des yeux dilatés
Ça c’est Playa Zipolite côté recto
Au verso: el « Aldoquin » vaguement pavé
Pour y marcher
Profusion de fleurs, palmes nonchalantes
La terre rouge et le verbe chante
Des cris, des peaux cuivrés
Des gestes lents mais une vie vibrante
Quelques vieux babs blancs coincés
Dans des mirages d’un autre âge
Sont toujours plus locaux ceux-là
Plus d’accent et de gestes, plus « locos » quoi
Mais sympas
Et la faune del D et Fé
Districto Fédéral, ville de Mexico:
Zarbis, jeunes, lookés
Remarque, même l’habitant de Zipolité
Au dessous de 30 ans
Ressemble au Ché
Sans à propos je suis tombée
Dans un hotel spécial gay
Ça me change des retraités américanos
De Puerto Escondido
Dans les deux cas j’en fais pas trop
Même pas eu le « maréo » du hamac
Qu’on m’avait pourtant prédit
Pour ma première nuit
Personne ne m’ennuit
Sur ma terrasse face au Pacifico
Que je partage avec moi-même
Et une kyrielle de hamacs « vacios »
Comme un vieille bab bohème rancie
Pour qui y a plus de lit
En vrai je fuis
Les rencontres de plages fortuites
Y a qu’à détourner les yeux, facile
Un mec m’as mis une chanson:
« Soledad porque libertad
Escoge Soledad para guardar libertad »
Bien mignon
J’ai rien choisi
Puis avant de partir m’a dit:
Feliz Navidad!
Ouais….
Noêl heureux
Dit sans détourner les yeux
aucun commentaire
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